« Il faut réhabiliter la valeur travail. Ceux qui la détruisent ce sont les contrats précaires, les discriminations à l'embauche, les salaires bloqués et l'inquiétude du lendemain. C'est tout cela qui sape la valeur travail. La santé d'une économie dépend de la motivation de ceux qui travaillent. Les entreprises compétitives, on le sait, sont celles qui respectent leurs salariés, qui les forment bien, qui les payent bien et qui mobilisent toutes les compétences »
Ce ne sont pas les 35 heures mais la droite qui détruit la valeur travail »
« Ceux qui disent que les 35 heures déprécient le travail se trompent de diagnostic. Ce n'est pas un peu de temps libre en plus qui détourne du travail, mais plutôt un malaise au travail qui conduit à s'investir ailleurs. Voyez la démotivation des cadres. Elle est liée à l'instabilité, à la pression. La politique de la droite a été profondément destructrice de la valeur travail car elle a érigé en norme la précarité pour le plus grand nombre. »
« Rendre la dignité du travail aux millions de personnes qui en sont privées »
« Il faut payer le travail à son juste prix. Un salarié compétent et motivé, s'il est bien payé, participe à la compétitivité des entreprises. L'économie n'est pas un système de vases communicants où la performance des entreprises reposerait sur la paupérisation des salariés. Le salaire fait partie de la compétitivité : la productivité, la qualité des formations, la motivation des salariés, la fiscalité, les efforts de la collectivité en matière de recherche ou d'infrastructures comptent aussi. Aujourd'hui, l'atonie de la consommation et l'apathie des investissements ont partie liée. (...) Le respect de la valeur travail suppose des conditions de rémunération, donc de vie, qui permettent aux salariés de se loger dignement, de fonder une famille, de faire des projets. La France ne s'en sortira pas en alignant ses salaires sur ceux des pays émergents ! L'Etat doit assumer sa responsabilité régulatrice et redistributrice »
« Vivre dignement de son travail »
« Je sens monter dans le pays une inquiétude croissante, une colère parfois, une exaspération souvent. Ce sentiment insupportable de ne plus pouvoir maîtriser son existence, vivre dignement de son travail, progresser et espérer mieux pour ses enfants. Et en même temps, le progrès social n'est pas toujours au rendez-vous : pour des millions de salariés, le travail ne paye pas et l'on compte aujourd'hui, malgré la richesse de la France, 2,5 millions de ces travailleurs pauvres qui sont d'ailleurs en majorité des travailleuses pauvres, souvent contraintes d'accepter des emplois à temps partiel »
Priorité aux conditions de travail
« Nous devons nous attaquer à la question des conditions de travail : l'exercice du travail s'accompagne, ici en France, trop souvent de conditions dégradées, de non respect de la personne qui alimentent la défiance, la déception, la démotivation à l'égard du travail. Le travail s'est intensifié. Les exigences sur les salariés toujours plus fortes, des maladies professionnelles en hausse, le temps partiel subi qui s'étend : il importe aujourd'hui de mettre sur la table l'ensemble des questions touchant au temps de travail, à l'organisation du travail, aux conditions de travail pour aboutir à une nouvelle donne au c½ur de laquelle devra se trouver la qualité de l'emploi et le travail décent, qui sont gages autant de la compétitivité que du bien-être des travailleurs »
Propos de Ségolène Royal